LES FALAISES

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C’est LE spot incontournable de vos vacances ! La Pointe de Plouha, les plus hautes falaises de Bretagne, presqu’un pèlerinage pour beaucoup. L’immensité est là, devant vous, intacte. La force des éléments, le vertige de la liberté, les oiseaux marins. Quel que soit le temps, un panorama à vous couper le souffle !

Pour partager et protéger au mieux le site, la commune vous invite à suivre les sens de circulation qui vont vous faire passer par d’adorables hameaux d’anciennes maisons de pêcheurs.

Pour découvrir les plus beaux endroits le long des falaises entre Tréveneuc et Paimpol en passant par Plouha, procurez-vous La carte de la Route des Falaises. Ce document est à votre disposition dans nos bureaux.

vélo rejoignez également les beaux points de vue depuis les falaises de Plouha comme le fameux Port de Gwin Zégal.

En empruntant le GR 34 le long des falaises, vous passerez par les plages de Plouha, chacune différente. Au-dessus de la plage Bonaparte une stèle commémore le Réseau Shelburn.

Un peu plus en retrait de la côte, ne manquez pas de vous arrêter à la chapelle de Kermaria pour découvrir l’insolite fresque de la Danse Macabre.

Un joyau à parcourir et contempler sur des kilomètres

Abruptes et sauvages, constituées d’aspérités et parsemées de criques et de grottes, les falaises de Plouha érigent face à la mer leurs gigantesques murailles de gneiss et de granite. Avec plus d’une centaine de mètres d’altitude, elles s’enorgueillissent d’être les plus hautes de Bretagne. Dans ce vertige minéral proche de l’inaccessible, la faune et la flore ont su trouver au fil du temps, pour leur vie ou leur survie, passages et refuges précieux. Parois rocheuses inexpugnables, plages de sable alanguies, anses abritées et cordons de galets granuleux forment ici un paysage sensoriel contrasté où les repères policés se perdent pour mieux s’ouvrir à une rencontre privilégiée avec la nature bretonne. La pointe de Plouha, par-delà ses sublimes vues panoramiques sur le Palus et Beg Hastel, offre à quelques mètres alentour de savoureux micro paysages. Telle une falaise jardinée au hasard de ses niches écologiques, elle déploie avec harmonie, du printemps à l’automne, de subtiles compositions florales. Au détour d’un sentier littoral aux dénivelés prononcés, apparaissent çà et là d’intimes vallées littorales creusées par l’écoulement de rias obstinées. Vertes et profondes, elles présentent de précieux habitats où croissent saules, chênes et frênes. Une faune des plus riches s’y affaire. Relique d’une tradition portuaire ancestrale, Gwin Zégal, “vin de seigle” en français, est l’un des deux derniers ports sur poteaux de Bretagne. Ce procédé très ancien (il daterait du Vème siècle) a été adopté par les pêcheurs Plouhatins au milieu du 19è siècle pour pallier aux difficultés d’aménager un port sur la côte. Les pieux, des troncs d’arbre de chêne rouge d’Amérique avec leurs racines, y sont régulièrement changés pendant les grandes marées de fin de l’hiver. À chaque nouvelle implantation, dans une ultime poussée, de jeunes feuilles apparaissent au printemps et offrent la vision surréaliste d’un Eden éphémère. Miroitant sur la grève sableuse délaissée par la mer, leurs reflets font ressurgir un lointain passé où les ports n’avaient pour toute amarre que quelques poteaux de bois sertis dans des amoncellements de pierres.

                                                              Un héritage préservé

Quelques hameaux jalonnent les terres de Plouha. Construits à partir du Vème siècle, ils abriteront au fil du temps des générations de paysans pêcheurs. Kersalic, constitué de modestes maisons de pierre à une porte et fenêtres en façade, est un bon exemple de cette architecture locale typique. En complément d’une agriculture de subsistance, la pêche côtière fut la seule activité maritime pratiquée le long de ces côtes abruptes. La cale de Port Moguer, bâtie avec du granite rose dans les années 1840, abritera quelques chalutiers et caseyeurs. Un amer situé non loin de là est l’une des deux balises terrestres qui, alignées à l’autre, servaient jadis de repère pour l’approche des côtes. Haute de 25 mètres, construite en arc creux, elle est le dernier témoin local d’un dispositif d’orientation dont le principe remonte à l’origine de la navigation. Le chemin des douaniers, jalonné d’abris et de postes d’observation, connut une forte activité clandestine tout au long de son histoire. Entre chien et loup, à la lueur de la pleine lune ou dans la pénombre de la nuit, des contrebandiers de tout acabit accostaient dans les nombreuses criques de la côte. Dans une tout autre finalité, ces mouillages furent utilisés durant la seconde guerre mondiale par le réseau Shelburn qui fit évader vers l’Angleterre quelque 135 aviateurs et une quinzaine d’agents alliés. L’ancien tracé du sentier littoral peut se lire au printemps, le long d’une ligne de pommiers en fleurs apparus au hasard des trognons de pomme laissés en chemin par les douaniers. Ainsi, des gestes anodins peuvent-ils s’inscrire durablement dans le paysage.

LE VRAI TRESOR DES FALAISES

La végétation…

Sortis de la nuit des temps, des lichens aux formes crustacées et foliacées colorent la roche-mère de noir, de jaune et de gris. Association d’un micro-organisme dont les tissus captent la lumière et d’un champignon dont les filaments puisent les ressources nutritives, ils sont, encore relativement méconnus scientifiquement sur les falaises de Plouha. Narguant les parois verticales, les sauts et les ressauts, régulièrement aspergés d’embruns, ils préparent patiemment le terrain pour leurs congénères à racines. Sur les sols formés par leur action chimique et par l’érosion naturelle, apparaissent des plantes évoluées capables de résister à la plus dure sécheresse. Cristes marines aux saveurs acidulées de fenouil marin, spergulaires des rochers aux multiples fleurs roses délicates ont ainsi développé d’épais tissus qui leur confèrent la succulence nécessaire pour retenir l’eau et vivre dans cette ambiance aride et désertique. Naguère cultivées jusqu’en limite de falaise, les fortes pentes ont été gagnées par entre autres l’épine noire et la fougère aigle. Dès les beaux jours, la lande se teinte progressivement du blanc des prunelliers en fleur, du jaune d’or des ajoncs d’Europe et du mauve des bruyères cendrées. Au large de Beg Hastel, l’îlot de la Mauve, dont le nom vient probablement du mot gallo Maouve qui désigne la mouette et les oiseaux marins en général, se détache sur la mer tel un iceberg recouvert du guano des oiseaux marins.

                                                                                               

…Et les animaux qui y vivent

Les hautes falaises littorales abritent de surprenants oiseaux. Décrochant soudainement de son aire lovée au flanc de la paroi abrupte, le faucon pèlerin vient de fondre sur sa proie dans un piqué foudroyant. Pigeons ou passereaux, alpagués à près de 250 kilomètres à l’heure, n’auront aucune chance devant ce prédateur redoutable. Adulé tel un dieu dès l’ancienne Égypte, favori des fauconniers à la renaissance, le faucon pèlerin a trouvé refuge de nos jours dans les à-pic inaccessibles de la côte des falaises de Plouha. Le grand corbeau, ce géant parmi les passereaux, trouve refuge dans le même habitat. Cependant, sa technique de chasse est fort différente. Dans les milieux ouverts du plateau, il survole en rase-motte pelouses, landes, pâtures et cultures pour attraper ses proies par surprise. Charognard et opportuniste, il repère aisément les animaux malades. Il ne dédaigne ni les oeufs, ni les baies arrivées à maturité. Longtemps honni des hommes pour sa réputation de fossoyeur alors qu’il assurait pourtant une mission de salut public, il est désormais protégé. C’est un spectacle unique que de voir rivaliser d’aisance et d’acrobaties, dans un ballet pour vols battus et planants, ces deux virtuoses de la glisse. Le long des côtes, les oiseaux de mer abondent. Cormorans huppés, goélands, fulmars boréal, et même les hirondelles des fenêtres se retrouvent en colonies éparses sur les falaises et les écueils isolés. On peut noter la présence de la fauvette pitchou, dont le nom « pitchou » signifie « petit » en provençal et évoque la taille menue de cet oiseau, que l’on peut observer plus facilement au printemps au sommet de végétation de lande ancienne. Plusieurs espèces de mammifères marins protégés sont présents dans les eaux tumultueuses ; les phoques ou dauphins, qu’il convient pour ne pas les déranger, de les laisser approcher s’ils le souhaitent et non de les approcher.

Un espace naturel remarquable, sensible et protégé

Les falaises sont riches de divers milieux naturels remarquables, en grand partie d’intérêts communautaires européens, avec un bocage préservé, des zones boisées à fortes pentes, des éboulis ou ravins et des landes sèches.

Le site est constitué de ZNIEFF de type II de la Côte Ouest de la baie et de type I, à la Pointe de Plouha et de Gwin Zégal à la plage du Palus. “L’espace maritime est classé en zone Natura2000 Trégor Goëlo pour une Zone de Protection Spéciale (ZPS) et une Zone Spéciale de Conservatoire (ZSC) au titre des directives européennes oiseaux et habitats. Une grande partie de ce magnifique littoral pittoresque est en site classé depuis 1979. Quant à l’anse de Bréhec, elle constitue un site d’intérêt géologique classé par Arrêté Préfectoral de Protection Géologique. Il est donc strictement interdit de prélever des minéraux sur ce site ou de le détériorer : remettez les pierres en place si vous les bougez lors d’une cession de pêche à pied !

En 2025, le travail de recensement des oiseaux nichant sur les falaises, mené chaque année par le Groupe d’Etude Ornithologique des Côtes d’Armor (GEOCA), a permis aux associations naturalistes (GEOCA, VivArmor Nature, Bretagne Vivante, LPO Bretagne) de réaliser un document synthétique montrant les zones et distances déconseillées à l’approche des activités humaines nautiques, aériennes ou terrestres, pendant les périodes de nidification (de mars à fin septembre). Le Groupe Mammologique Breton travaille de pair depuis une vingtaine d’année avec les gestionnaires du site sur entre autre la connaissance et la protection des chauve-souris, avec la présence très riche de 16 espèces sur les falaises de Plouha (22 espèces sont référencées en France métropolitaine).

Le linéaire littoral est essentiellement propriété du Conservatoire du Littoral, le site est co-géré par Leff Armor communauté et la commune de Plouha. L’équipe des gardes littoraux des propriétés du Conservatoire du littoral fait partie intégrante du service environnement de Leff Armor Communauté. Ils pilotent la surveillance, épaulé par un réseau d’acteurs, dont les Chantiers d’Insertion communautaire qui entretiennent le circuit de Grande Randonnée (ainsi que que le circuit Shelburn), les services techniques et la police municipale de la commune ainsi que l’Office de Tourisme Falaises d’Armor pour la découverte de ce trésor et qui œuvre pour la sensibilisation autour de sa protection. Toute la gestion se réalise en cohérence avec les prérogatives du Conservatoire du littoral qui est propriétaire foncier en 2026 d’environ 160 ha définitivement protégés.

Les falaises connaissent une forte fréquentation. Y pénétrer à pied par les chemins autorisés est une condition nécessaire à leur préservation. Certaines parties, notamment sur les pointes, ne sont pas aménagées et présentent des passages aléatoires, dangereux et impactant la faune et la flore sur certaines parties de l’année. Leur accès peut donc être interdit.

Préservons ces espaces refuges de nidification, aucune photographie ne saurait remplacer la présence d’animaux dans leur milieu naturel !